J'avais environs 13 ans quand mon frère est né. En pleine crise d'adolescence. Un peu folle, un peu conne. J'étais rarement à la maison et quand j'y étais, je n'y étais pas vraiment. J'ai donc peu de souvenir de cette époque. 

 

Je me souviens que j'aimais lui nettoyer le nombril au coton tige et lui chanter du Céline Dion pour qu'il s'endorme. Mais je ne me souviens plus à quel moment on s'est rendus compte, ma mère et moi, qu'il y avait quelque chose d'anormal dans son comportement. Peut être parce que c'est venu petit à petit, au fil des mois. Ces trucs la, ça doit rarement te sauter à la gueule un beau matin devant ta tasse de café. 

 

Je ne me rappel plus de comment tout ça c'est déroulé, mais je sais que ça a mis du temps avant qu'on sache ce qu'il avait. Et quand je parle de temps, je parle d'année. Mais le diagnostique est tomber. Autisme. 

 

Puis les rdv et les examens se sont encore et encore enchaîner. Petit à petit il commençais à ne plus arriver à parler, marcher, écrire. Encore des examens. Malformation au niveau du cervelet. Je ne sais plus le nom. J'aime pas savoir. Il s'est fait opérer. Mais les symptôme sont toujours la. "On a éviter le fauteuil roulant au moins." Ouais. 

 

Et puis ce problème encore inconnu, qui le fait grossir et grossir et grossir. Bien qu'il ne mange pas de gâteau, pas de gras, pas de merde, il grossis. Et toujours ses examens. Sans resultats. 

 

Je n'aime pas dire que mon frère est un enfant malade. La maladie c'est un sale mot. Il est différent. On est tous différents les uns des autres. Alors il est différent. Lui aussi. Comme nous. 

 

J'aime l'entendre me dicter les noms scientifique des dinosaures, des animaux du ciel et de la terre. Le voir passer des heures à faire des origamis, ou des puzzles 3D compliquer.

 

Avant, je me disais souvent qu'un jour, quand je serais riche et célèbre, je lui ferais voir le monde. Aujourd'hui, il me fait voir le sien. Et la différence est belle. Surtout quand elle émane de lui. 

 

-LaPetiteMama